On a vécu la-bas, on est parti depuis longtemps déjà.
Quand on reviens on ne voit plus qu'eux, les gens
prisonnier de leur choix, leur paysage a pourri, mais
pas le notre. Vous êtes parti trop tot, ils ont dit, mais
regardez les aujourd'hui, ils n'ont que leur vies, plus
aucune envie, quelques ennuis, et ils croient au Paradis.
On apparait au coin des rues et ils pensent qu'ils nous
on vu, ils en parlent et disent nous avoir reconnu.
Les façades de leur maisons sont sans ames, leurs
visages portent les mêmes angoisses, le stress d'arriver
demain, ou de ne pas en avoir le temps, la peur se li
dans leurs yeux, ils ont peur de nous revoir, ils ont peur
des vêtus de noirs. Ils se trouvent beaux en couleur,
nous on s'habille de nos douleurs, ils trouvent sa drole
de nous juger sans savoir, ils ne comprennent
pas qu'ils pourrissent nos sentiments.